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Mon château, mes photos ? Pas si simple
Par Carlos De Campos, avocat à Reims
4 septembre 2026
Un château de la région devient soudain la star d’Instagram. Des centaines de touristes s’arrêtent chaque jour devant la grille pour le même cliché. Le propriétaire, lui, n’a rien demandé — et ne touche pas un centime. Peut-il au moins l’interdire ? Étonnamment, non. Depuis un arrêt retentissant de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation en 2004, le droit de propriété ne confère aucun monopole sur l’image d’un bien. Photographier un château depuis la route, et publier le cliché, n’est pas une atteinte à la propriété — même si le propriétaire n’apprécie pas l’attroupement devant ses grilles. Sa seule arme : prouver un trouble anormal. Une exploitation commerciale massive de son image (carte postale, publicité, produit dérivé) sans autorisation, ou des nuisances réelles causées par la foule de photographes — véhicules garés en pagaille, intrusions sur la propriété — peuvent, eux, être sanctionnés. La leçon est paradoxale : le château le plus photographié n’est pas forcément le plus protégé. Pour reprendre la main, certains propriétaires choisissent une autre voie, plus maline — déposer une marque, ou contractualiser l’usage commercial de l’image avec les professionnels (photographes, agences, plateformes). À défaut, la pierre reste libre. C’est la rançon de la beauté.




